Dans un Regard, dans un Sourire...

"Et c'est parfois dans un regard, dans un sourire Que sont cachés les mots qu'on n'a jamais su dire..."

06 septembre 2007

Pas même un premier cri en paix...

On l'appelera "Sarah"... Sarah a vu le jour et la nuit... Sa vie se résume en 24h, avant qu'elle n'aille rejoindre ses anges gardiens là haut... Couvée d'amour pendant neuf mois dans le ventre de sa maman, elle a été agressée par la violence de ce bas monde avant même qu'elle ne puisse émettre son premier cri... Présentation de face, bassin rétréci... En gros une belle indication de césarienne... Mais non, une brute de ce bas monde, n'hésite pas à user de sa "fhamatitude" et place une belle tête de ventouse sur sa bouche et son nez... Manoeuvre une première fois, une deuxième fois et de trois tant qu'on y est avant de se décider à ouvrir cet utérus pour extirper cet être qui souffre... La nuit a été longue, la maman est en soin intensif, le bébé nous a été transférer en urgence pour détresse respiratoire...

A J1 de vie, Sarah n'a pas succombé à ses ecchymoses qui décorent son doux visage, a son stridor laryngé qui témoigne d'une multitude de traumatismes trachéaux... Elle a émis son dernier souffle sans savoir ce qu'est être berçée par les bras d'une mère, sans savoir ce qu'est la tendresse et l'affection... Elle n'a connu que violence... N'est ce pas ce qui règne sur ce bas monde?

Sarah... Que ton âme repose en paix...

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24 octobre 2006

Palpez-vous!

Quand le silence s'impose, on se plait à observer tout ce "beau" monde qui évolue autour de nous on se dit que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes... Mais parfois ce silence ce doit d'être brisé, quitte à ce que ce soit en mille morceaux, car la vie est précieuse et qu'il nous appartient de la préserver...

Près de deux mois se sont écoulés depuis que j'ai mis les pieds à la Maternité de Rabat, j'en ai vu des patiente défiler tous les jours, toutes les semaines... Mais je n'ai jamais vu autant de patientes consulter pour un nodule du sein qu'il soit bénin ou malin... Et plus la chose est découverte tôt, meilleur sera la prise en charge.

Donc, voilà, avec le peu de connaissance que j'ai en la matière, j'estime qu'une chose s'impose c'est le dépistage précoce, qui ne peut se faire que par l'éducation des femmes, des hommes aussi et surtout des médecins. L'examen des seins est une étape importante. Enormément de femmes ont hontent, surtout lorsque le médecin est un homme, de se dénuder... Mesdames, un médecin en a tellement vu de toutes les couleurs, les tailles, les formes, les ages, qu'un de plus ou de moi ne lui fera pas d'effet...

Le dépistage, passe par la palpation douce des seins, la main à plat, de façon à explorer la totalité de la glande, sans oublier la region axillaire, où l'on doit rechercher 'un ganglion. La femme à partir de l'âge de 40 ans doit réaliser une mamographie tous les deux ans afin de dépister précocemment le nodule, si par contre, dans votre famille, une de vos tantes, votre mère ou une de vos cousines a presenté un cancer du sein, la mamographie doit être réalisée la première année tous les six mois puis de façon annuelle. La jeune fille, quand a elle, ne doit en aucun cas réaliser une mamographie car elle tue la glande mammaire, elle procédera alors a une échographie.

Je me souviendrai toujours de ce que nous avait dit notre prof d'anatomie en 1ere année de médecine
"Messieurs, n'oubliez jamais de palper, et surtout quand on peut allier plaisir et utilité..."
dans le temps, on était encore puéril, ca nous avait fait rire, maintenant, je me dis qu'on devrait prendre la chose plus qu'au sérieux...

Alors un seul mot: Palpez-vous!

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18 septembre 2006

Sans même le savoir...

Cette fameuse séléction naturelle, cette capacité de faire "pousser" un petit bout de chou en "nous", nous les femmes, toutes ces émotions qui s'emparent de nous... Tout ça n'est certainement pas le fruit du hasard...

On naît d'une union, non pas aléatoire, mais de l'union la plus sûre, la plus forte, la plus persevérante, la plus résistante...
L'ovocyte mûrit, attend patiemment, celui qui fera de lui un petit embryon...
Mais avant tout, il fait subir à ce fameux spermatozoide un tas de tests, le mettre à l'épreuve, tout comme notre homme...
Mais une chose est sûre, c'est qu'il sera fidèle... Fidèle, car seul "un" accèdera au trône, celui qui arrivera jusqu'au "finish line" sans s'essoufler, celui qui ira le plus vite tout en restant intact, en gros celui qui détiendra la formule magique...
Car il se doit d'être compatible, il devra s'emboîter et ne faire qu'un avec lui...
Et donner lieu à la vie...

L'Homme est de nature fidèle, sans même le savoir...

Près de deux semaines se sont écoulées depuis que j'ai découvert ce monde de bébés, ce monde de cris, de souffrance, de décéption, de joie et de pleurs...
Ce monde plein de contradictions, ce monde qu'on connaît mal, qu'on apprend à connaitre...
La première petite tête que j'ai vu sortir toute blanche et rouge avec quelques poils m'a emplie d'un sentiment bizarre, indescriptible, on a beau lire dans les bouquins comment ça se passe, voir au cinéma des séquences, en live c'est bien meilleur...
Mais j'ai été déçu, deçu parceque de nouveau les hommes sont absents, la femme souffre seule dans son petit coin, une souffrance qui s'éternise parfois des heures, un effort qu'on ne peut fournir sans soutient...

Avoir un bébé n'est pas chose facile, voir son petit ventre s'arrondir, prendre un peu plus de volume chaque jour, sentir cette chose grandir, pour arriver seule sur un brancard... Se retrouver assise dans un box, comme dans une étable, où les odeurs se mélangent et où les cris résonnent...

Malgré tout ça, je me plais dans ce milieu, un de mes 5 futurs choix... Qui saît... Peut être un jour...

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22 mars 2006

De là où je suis...

Quand j'étais toute petite, enfin pas tant que ça, disons je devais avoir 10/12 ans, je voulais être médecin, pédiatre, le mien me donnait des bonbons, une grosse sucette genre celles qu'on trouve en pharmacie, rose bonbon et qu'on gardait dans la bouche toute la journée.

J'ai grandit, passé le primaire, on atterit en plein collège, arrivée au lycée, les choses se corssent, faut se décider, se projetter dans le temps, dans l'espace? Non pas encore, pas même maintenant. Que faire après avoir eu notre petit diplôme, ce petit bout de papier qui ouvre bien des portes... Deux mois à passer les concours un peu partout, pour finalement atterrir en fac de médecine.

Un rêve de petite fille qui se précise depuis peu.

Là on découvre la médecine, cette médecine marocaine, tiers mondiste, rien à voir avec Dr carter dans Urgences, on a pas ce zèle, cette motivation. On est mou, fataliste, les moyens de bord sont vétustes... En fait tout ne tiens qu'a un fil... Tout comme notre vie...

Ces enfants qui pleurent, ces enfants qui souffrent, ces mères dépassées, ces traitements qui coûtent chers... Des hôpitaux surbookés, des professeurs absents...

Je passe mon temps entourée  d'enfants, certains je les ai adoptés, une nouvelle maman par procuration, des liens étroits nous lient. Ils se livrent à nous, on discute, rigole. Un soulagement moral momentané, mais qui s'estompe une fois qu'on se dit au revoir... Ne jamais mêler sentiments et boulots, même le plus froid d'entre nous verra sa sensibilité ébranlée devant ces petits coeurs...

C'est en pédiatrie que j'ai disparu, une spécialité que je n'aimerai pas faire par la suite, mais bon qui sait d'ici là...

Encore sortir cette phrase "Partir pour mieux revenir..."

Dima: pour toi, une photo en pédiatrie :)

P.S: Désolé si mes écrits se feront mon fréquents, on commence a sentir l'approche des examens...

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01 décembre 2005

Encore et encore...

On y va tous les jours. Faut y être a 8h30 tapante, sinon notre stage sera invalidé Mr B y veille en personne.

Tous les jours, dans ce service sont admis des patients hémiplégiques, paraplégiques, tétraplégiques, des patients fantomatiques, cachéctiques tellement l'altération de leur état général est importante. Des patients confus, inconscients, qui ne bougent pas un pouce, avec des troubles de la parole, des troubles sphinctériens, dépendants des autres.
En brefs des morts-vivants.

Mais la médecine fait des miracles, beaucoup d'entre-eux récupèrent. La famille est là pour les soutenir et ça c'est un plus dans notre société. Je me demande si cette solidarité n'existait pas ce qu'ils deviendraient...

La neurologie est l'une des pires spécialités qui puisse exister tellement les pathologies sont invalidantes...
Mais le comble, c'est que devant une urgence, rien ne fonctionne: le scanner ne fonctionne pas, l'irm non plus, pas de perfusion disponible, le service de réa est à des lieux du nôtre. Un rien de temps suffit pour emporter T: un patient de 21 ans tétraplégique, avec un syndrome d'hypertension intra-crânienne qui engage en pleine crise épileptique focale... Et tout le monde court dans tous les sens, que faire? Injection de valium? y'en a pas! Du Manitol? ils connaissent pas les doses, besoin d'un avis réa... Zut le pouls est filant, il n'est plus palpable, mydriase bilatérale... Un stress incroyable, des moyens inexistants... On essaie de réanimer le patient... Il revient peu a peu, la crise est toujours là, la mydriase aussi...

Ras le bol de voir que nos vies humaines sont entre les mains de gens qui ne peuvent rien faire...

Manal et moi on vous ennuie avec nos histoire, mais ça nous tient tellement à coeur... Des gens hyper compétent, mais sans moyens on ne peut rien...

Une santé comateuse comme l'a dit Slix...

J'y retourne demain matin, en espérant toujours y trouver T vivant...

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23 octobre 2005

L'air du temps...

insolite

C'est dans l'air... Les grèves sont là, enfin elles ont eu lieu... Elles ne cesseront pas pour autant.

Des demandes raisonnables... Un ministère qui tarde à satisfaire ses employés...

Chez nous la bonne réponse, yeux fermés sera: le siècle prochain...

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17 octobre 2005

L9amRa Au CHU...

hopital

On s'y est habitué.

Tout nous paraît normal... On ne semble pas être dérangé par tout ce monde...

9h... L'hôpital vie, ça bouillonne de partout, des allées et venues incssantes, des blouses blanches, des militaires, des gens de tout âge...

C'est toujours le même scénario chaque matin...

Mais on n'y prête pas attention, ça fait tout simplement parti de notre quotidien...

Ce matin, j'ai eu une vision différente... J'arrive pile poil avec l'ouverture des guichets de prise en charge... Trop de monde, j'ai l'impression de suffoquer, la tête qui tourne, j'ai faim... Peut être...

Je me donne 5 min pour regarder autour de moi, d'un regard qui cherche à comprendre... MAis comprendre quoi? Pourquoi notre hôpital ressemble a "L9AMRA" à 9h du matin! Tout ce monde qui vient de partout, un vrai melting pot a la marocaine: des jbalas, des soussi, des chal7, des fassis, des rbatis, des 3roubia, des doukala... Bref y'en a de toutes les régions... Comme si tout le Maroc c'était donné rendez-vous dans notre fameux CHU de Rabat. Tout le monde est malade, pas d'argent et toujours des problèmes de prises en charge...

Cette vision fait remonter doucement et lentement à la surface, une problématique qui se pose depuis très longtemps... La centralisation des hôpitaux, des directions et de tout ce qui va avec comme problème... On voit des patients qui traînent je en sais quel pathologie dans un état lamentable et parce que dans la région où ils habitent il n'ya pas d structure hospitalière adéquate, ils leur font faire plusieurs centaines de kilomètres et cela sans qu'il y'ai une garantie sur leur éventuelle hospitalisation...
Des soins qui traînent, des grèves qui s'enchaînent, des conditions de travails déplorables... Tout ceci est indigne d'une structure hospitalière qui se veut être la plus grande du royaume... Certes les compétences sont là, ils font leur preuvent... Mais pas de moyens pour les mettre en valeur et rendre service au peuple...

Les grèves n'y changeront rien... Car seul le petit peuple en pâtit... Les riches se font soigner très loin de chez nous... à distance...

Ceux qui détiennent les rennes de notre santé, oublient qu'ils ont galéré... Car une fois le pouvoir entre les mains, tout le reste passe aux oubliettes...

"Qui a le pouvoir de changer le cours des chemins invisibles ? On ne peut que suivre celui qui cherchent nos pas"

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02 octobre 2005

Le syndrôme du Patient PISTONNE....

Un petit apperçu pour commencer...

Lieu: Clinique privée du CHU
Date et heure: un jour de la semaine, de préférence entre 10h et 11h30, tant que les médecins sont présents...

Elle: "Femme de Monsieur X, personnalité très en vogue et dont la renomée n'est plus à faire..."

Lui: "Fils du peuple, ne présente aucun lien de parenté avec Mr.X. Non mutualiste. Ayant à charge X milles gosses et un tas de problèmes!"

Elle: "On lui réserve un acceuil chaleureux, tout le monde se précipite à sa rencontre..."

Lui: "Ne cesse de répéter depuis plus d'une demi heure, le même discours au type de la sécurité, puis a une personne portant une blouse blanche, qu'il cherche à voir un médecin Y pour parler de son éventuelle hospitalisation"

Elle: "N'a qu'à dire A7777 pour que tout le monde accoure à sa rescousse"

Lui: "Se retrouve désespérement seul devant son désarroi... Les seules réponses qu'il a pu obtenir après mille et une astuces sont: " Makayanch tbib fhad sa3a" "3andak 00000dhs?" "ma3andakch... iwa sir chouf kit tdir, hna mataynas3sou 7ad bla flouss"

Elle: "N'a qu'à prononcer son nom pour que toutes les portes lui soit ouvertes, même celles fermées a double tour..."

Lui: "court a droite et à gauche, pour pouvoir réunir la dite somme..."

Elle: " Aura droit aux matériels de dernières générations et dont la propreté n'a pas d'égale... Sans oublier la présence des professeurs les plus imminents a son chevets.."

Lui: " N'importe qui fera l'affaire, pourvu qu'on aille voir ce qui se passe dans ses fichus coronaires..."

Lui: " Se verra entouré d'une 30 de paires d'yeux, sans compter les blouses blanches, tous avides de savoir..."

Elle: "Non vous ne pouvez pas assister a la coro mnt, c'est une malade PISTONNEE!!!!!!!!!" La réponse fusa de la bouche d'un médecin le plus normalement du monde...

Je me demande si ces fameux médecins n'ont pas preté le serment d'Hippocrate devant les membres de leur jury afin de devenir médecin. Serment incontournable, dont les principaux points nous ont été expliqué par Madame le Doyen dès notre arrivée à la dite faculté de médecine.

Un point fondamental, qui est quotidiennement outre passé: "L'égalité devant la Maladie"

Pour ma part c'est un no comment qui me vient à l'esprit... pour ne pas dire autre chose...

Posté par Bsima à 23:10 - Dans les coulisses de l'hôpital... - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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